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23-02-2016 | 14:10

Roumanie: 160 ans après son abolition, l'esclavage des Roms reste une plaie ouverte

Roumanie: 160 ans après son abolition, l'esclavage des Roms reste une plaie ouverte
Roumanie: 160 ans après son abolition, l'esclavage des Roms reste une plaie ouverte
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Le 20 février 1856, les principautés roumaines mettaient fin à cinq siècles d'esclavage des Roms. 160 ans plus tard, cette page honteuse de l'histoire, passée sous silence dans les manuels scolaires, représente toujours une plaie ouverte.
"Ces 500 ans d'esclavage ont marqué une période tragique dans l'histoire de la Roumanie (...); une période durant laquelle les Roms ont été privés du statut d'êtres humains", déplore Delia Grigore, ethnologue et activiste rom, dans une interview à l'AFP.
La présence des Roms dans les provinces roumaines de Valachie et de Moldavie fut pour la première fois attestée dans un document datant de 1385, lorsque le prince Dan "fit don de 40 foyers d'Atsiganes (Tsiganes) au monastère de Tismana".
Selon l'historien Viorel Achim, "les Tsiganes avaient à l'époque le statut d'esclaves dans toute la région, de l'Empire byzantin à l'Empire ottoman".
S'ils bénéficiaient de la liberté de mouvement, à la différence des serfs, "les Tsiganes étaient traités comme des objets appartenant à un maître", qui pouvait être l'Etat, un boyard ou un monastère, souligne-t-il.
Selon M. Achim, le terme de "Tsigane" est petit à petit devenu synonyme d'"esclave", perdant toute connotation ethnique. C'est ainsi que des Roumains, des Hongrois ou des Slaves réduits en esclavage furent nommés "Tsiganes" à l'époque.
Les Roms ont néanmoins représenté l'essentiel des quelque 250.000 esclaves que comptaient les deux principautés au milieu du XIXe siècle. Le code pénal de Valachie stipulait que "tous les Tsiganes sont nés esclaves".


 


En 1848 est adoptée une proclamation déclarant que "le peuple roumain se libère de la honte de détenir des esclaves et déclare la liberté des Tsiganes", un premier pas vers l'affranchissement total de 1856.
Plusieurs artistes se sont penchés ces derniers temps sur cette période, à l'instar du réalisateur Radu Jude dont le film "Aférim!" a reçu un Ours d'argent à la Berlinale en 2015. Mais le sujet reste largement tabou dans la société roumaine.
"L'esclavage des Roms est une page d'histoire disparue. Je ne sais pas comment il est possible de passer sous silence ces 500 ans", s'insurge Alina Serban, diplômée de la Royal Academy of Dramatic Art de Londres et auteur de plusieurs spectacles de théâtre.
"C'est une grande honte - historique, contemporaine et personnelle. La honte d'un peuple d'avoir détenu des esclaves, la honte des gens d'aujourd'hui qui semblent être atteints d'amnésie, et ma honte à moi, que j'ai souvent du mal à réprimer pour dire que je suis fière d'être rom", ajoute cette jeune artiste.
Selon Mme Grigore, "les conséquences de l'esclavage sont très graves aujourd'hui encore, se traduisant par la marginalisation" des membres de cette minorité, environ 2 millions selon des chercheurs et des ONG.
S'étant retrouvés du jour au lendemain libres mais aussi sans logement ni terre, nombre de Roms ont été contraints de vivre en "semi-esclavage" auprès de leurs anciens maîtres ou forcés de s'installer à la périphérie des villages.


 


"Les Roms portent toujours le stigmate de cette période, leur estime de soi est très basse", souligne Mme Grigore.
Elle dénonce en outre "l'absence de volonté de l'Etat d'assumer ce double poids - de l'esclavage et de l'Holocauste", qui a également côuté la vie à 11.000 Roms.
Dans un message transmis ce week-end, le président roumain Klaus Iohannis a estimé que "l'affranchissement des Roms reste incomplet sur le plan économique et social", déplorant leur intégration insuffisante dans les systèmes d'éducation et de santé.
Mais les excuses qu'attendait cette communauté de la part de l'Etat roumain et du patriarcat orthodoxe tardent à venir.
Si elle ne demande pas pardon pour "les abus et les crimes qu'elle a commis", la très riche Eglise orthodoxe pourrait au moins essayer d'"expier ses péchés (...) en finançant des programmes sociaux destinés aux Roms", estime Delia Grigore.
Alina Serban attend elle aussi des pas concrets de Bucarest pour réparer, au moins en partie, cette injustice: "Je veux voir, de mon vivant, que les manuels d'histoire parlent de l'esclavage des Roms".

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