Enjeux mondiaux à Ormuz : Qui cédera en premier sous la pression économique et géopolitique ?

Technologie et économie 17-03-2026 | 13:02

Enjeux mondiaux à Ormuz : Qui cédera en premier sous la pression économique et géopolitique ?

Trump réussira-t-il à former une coalition pour ouvrir le détroit d'Ormuz, privant ainsi l'Iran d'un avantage géopolitique majeur ? Ou échouera-t-il ?
Enjeux mondiaux à Ormuz : Qui cédera en premier sous la pression économique et géopolitique ?
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La question n'est plus de savoir qui remportera la victoire militaire dans une guerre contre l'Iran, malgré la destruction énorme infligée aux capacités militaires et de sécurité de l'Iran par la coalition américano-israélienne. Il semble que la guerre s'est transformée en une course entre le coût économique et la destruction de la capacité du régime iranien à continuer à gouverner le pays. Clairement, la supériorité militaire, technologique, et en renseignement n'est plus le critère pour mesurer la victoire dans une guerre ou conclure les guerres. Au lieu de cela, le coût économique est devenu une mesure centrale des résultats des guerres du XXIe siècle.

 

Après que l'Iran a utilisé la menace de cibler les pays du Golfe et de fermer le détroit d'Ormuz pour élever le coût de la guerre pour tout le monde, les questions suivantes sont devenues urgentes. Trump peut-il réussir à former une coalition internationale pour rouvrir le détroit d'Ormuz, dépouillant ainsi l'Iran d'un de ses outils géopolitiques les plus importants ? Ou échouera-t-il et se tournera-t-il vers d'autres options ?

 

Trump a négligé la carte du pétrole dans la guerre
Les journaux américains ont rapporté que les chefs d'état-major américains avaient présenté à Trump un scénario dans lequel les gardes révolutionnaires pourraient fermer le détroit d'Ormuz, pourtant il a poursuivi la guerre. Il est clair qu'il ne s'était pas pleinement préparé pour la stratégie élaborée par le régime iranien, qui implique l'utilisation du pétrole comme arme en faisant fermer le détroit d'Ormuz et en augmentant le coût économique pour tout le monde.

 

Strait of Hormuz (NASA Earth Observatory and AFP)
Strait of Hormuz (NASA Earth Observatory and AFP)

 

L'échec s'est également reflété dans ses propres mots lorsqu'il a annoncé qu'il avait été surpris par les attaques contre les pays du Golfe. Les leçons des deux premières semaines de cette guerre indiquent que le pétrole est redevenu un facteur géopolitique important dans les conflits du XXIe siècle. Le coût économique direct de la guerre n'est plus le facteur principal déterminant son coût global ou influencer sa durée. Au lieu de cela, les coûts indirects définissent désormais l'équilibre des gains et des pertes et déterminent ultimement l'issue de la guerre.

 

Trump a déclaré il y a une semaine que cela prend environ deux semaines d'augmentation des prix du pétrole pour que la situation devienne une crise politique. C'est pourquoi son attention est désormais fixée sur la hausse du prix de l'essence aux États-Unis, qui sera un facteur clé pour contrôler la durée d'une guerre qui s'est transformée en une course entre le coût et la destruction—En d'autres mots, qui cédera en premier ?

Le détroit d'Ormuz et les options complexes
La question de la fermeture du détroit d'Ormuz est rapidement devenue une préoccupation majeure pour Trump, alors que le prix du brut Brent atteignait 103,55 $ le baril. Les mesures prises par plusieurs pays pour libérer une partie de leurs réserves stratégiques, ainsi que la décision de Trump d'autoriser la Russie à exporter du pétrole vers les pays asiatiques, auront des effets limités et ne proposent pas de solution durable à la fermeture du détroit, qui contrôle environ 20 pourcent de la consommation pétrolière mondiale et 25 pourcent du commerce mondial.

 

Les difficultés impliquées dans la réouverture du détroit par la force militaire américaine expliquent l'appel de Trump à la Chine et à d'autres pays pour former une coalition internationale pour sécuriser cette voie navigable vitale pour l'économie mondiale. La Chine ne s'attend pas à rejoindre cette coalition, malgré la position embarrassante créée par l'invitation de Trump. Elle doit désormais choisir entre se tenir aux côtés de l'Iran ou protéger son partenariat commercial avec Washington, et les dommages potentiels qu'elle pourrait subir en cas de crise économique mondiale.

 

Le dilemme réside également dans les positions de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, et de la France, qui marchent sur une ligne fine entre éviter de s'impliquer dans la guerre et accepter de contribuer à la réouverture du détroit. Ces pays supporteront-ils les conséquences de l'ignorance de la demande de Trump, ainsi que l'impact potentiel sur leurs relations avec les États du Golfe affectés par la fermeture du détroit, alors que le président russe Vladimir Poutine continue de profiter de la hausse des prix du pétrole?

 

Étant donné ces complexités autour de la réouverture du détroit d'Ormuz, Trump va-t-il avoir recours à la force militaire, avec des troupes américaines occupant l'île de Kharg, principale artère de l'économie iranienne? Ou va-t-il opter pour un blocus de l'Iran, à l'image du blocus américain contre Cuba pendant la crise des missiles?

 

Il est clair que le monde fait face à la possibilité que la guerre en cours se transforme en une guerre de volontés—c'est-à-dire, qui cédera en premier financièrement et économiquement?

 

Avertissement : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar