Sommet mondial des gouvernements à Dubaï : Façonner l'avenir de la gouvernance
Le Sommet mondial des gouvernements n'est plus seulement un rassemblement annuel pour échanger des idées sur l'administration publique ; il est devenu une plateforme reflétant un changement profond dans la vision mondiale de l'État et de son rôle. Ce qui se démarque cette année, c'est que les discussions du sommet, qui se terminent aujourd'hui à Dubaï, ne se contentent pas de diagnostiquer ou prédire les développements internationaux, elles se concentrent clairement sur la transformation des questions en outils et politiques actionnables, reconnaissant que le modèle de gouvernance traditionnel ne peut plus suivre le rythme d'un monde en rapide évolution et aux multiples facettes.
Le sommet part du principe que les gouvernements opèrent aujourd'hui dans une incertitude constante avec des crises géopolitiques, des pressions économiques accumulées, des changements démographiques et une accélération technologique qui souvent devance la législation et les institutions. Dans ce contexte, le concept d’« gouvernement efficace » n'est pas présenté comme synonyme de pouvoir ou centralisation, mais comme la capacité à construire une résilience institutionnelle, anticiper les défis et gérer les risques avant qu'ils ne se transforment en crises existentielles. L'avenir, comme le démontre le sommet, ne peut être abordé lorsque les crises surviennent ; il doit être géré quotidiennement avec des outils de mesure, de prévoyance et d'adaptation.

Ce changement dans la pensée de la gouvernance trouve son écho le plus clair dans la région du Golfe, qui participe au sommet non seulement comme une région riche en ressources mais aussi comme un laboratoire pratique pour de nouvelles politiques. Les pays du Golfe, bénéficiant de la stabilité et de la rapidité de la prise de décision, semblent plus prêts à expérimenter des modèles avancés de gouvernance numérique, l'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'administration publique, et la redéfinition des villes et des systèmes de transport. Cette présence reflète une orientation croissante du Golfe vers le développement de modèles de gouvernance plus intégrés, s'appuyant sur l'innovation et la flexibilité institutionnelle comme moyens d'améliorer l'efficacité du gouvernement et les services publics pendant une période de transformation économique et technologique profonde.
Au cœur de cette scène régionale, l'expérience des Émirats arabes unis se distingue comme une expression globale de ce que le sommet appelle « Façonner les gouvernements du futur ». Les Émirats arabes unis ne se présentent pas comme un État ayant atteint un modèle finalisé et pleinement développé, mais comme un pays en développement ouvert, se mettant à jour quotidiennement et soumis à une révision continue. Ici, l'État n'est pas une machine bureaucratique fixe mais un système institutionnel dont les outils changent avec les défis. Le sommet de cette année montre un passage clair de l'étape de la vision et des slogans à celle des outils et de la mise en œuvre, traduisant des concepts—tels que l'innovation, le bien-être et la prévoyance—en politiques publiques, indicateurs de performance et mécanismes de mesure et de responsabilité, reflétant une compréhension pratique que l'avenir est géré non par des intentions mais par la capacité à mettre en œuvre.
Cependant, tout en soulignant cette voie, le sommet pose simultanément une question plus large concernant le reste du monde arabe. Selon la logique du sommet, l'écart entre le Golfe et le reste du monde arabe n'est pas une question de ressources ou de talents humains mais de gouvernance, de vision et de continuité des politiques. De nombreux États arabes restent piégés dans une gestion de crise quotidienne, incapables de planifier à long terme ou de faire de l'avenir une priorité politique claire. Dans ce contexte, le sommet n'offre pas de modèle prêt à reproduire mais indique clairement que le problème est une incapacité à transformer les idées en politiques publiques durables et actionnables.
En conclusion, alors que le Sommet mondial des gouvernements se termine, il ne prétend pas détenir des réponses définitives aux crises mondiales, mais il réussit à reformuler la question fondamentale de cette ère de grandes transformations : les gouvernements resteront-ils réactifs et axés sur la gestion des urgences, ou deviendront-ils des agents actifs concevant leur avenir avec des outils clairs et des décisions exécutables ? Entre un monde redéfinissant ses règles, un Golfe testant de nouveaux modèles gouvernementaux, et une expérience des Émirats arabes unis travaillant à transformer la prévoyance en politique quotidienne, il semble que la véritable lutte ne se joue plus seulement sur les ressources, mais sur des modèles de gouvernance capables de transformer l'avenir d'une idée en pratique.