De la mort d’Ali Khamenei à l’élection de son fils Mojtaba, en passant par l’embrasement total du Liban, le « Croissant chiite » traverse sa crise la plus existentielle. Récit d'une semaine de fer, de feu et de sang
L’Iran : Le sacre de « l'Héritier » sur un champ de ruines
La semaine s'est ouverte dans le silence de mort qui a suivi le décès d'Ali Khamenei le 28 février. Tandis que le pays retenait son souffle, les Gardiens de la Révolution (IRGC) verrouillaient l'État, revendiquant dès lundi le contrôle du détroit d'Ormuz. Ce dimanche 8 mars, dans un bunker secret, l'Assemblée des experts a acté la rupture historique : l'élection de Mojtaba Khamenei.
En choisissant le fils du défunt, le régime privilégie une « monarchie théocratique » sécuritaire à la légitimité religieuse. Mais ce sacre s'accompagne d'un coût humain effroyable :
Les frappes américano-israéliennes (Operation Epic Fury) ont dévasté les centres de commandement. Les pertes militaires sont quotidiennes. L'armée a confirmé la mort de nombreux officiers, dont 3 cadres de haut rang de l'IRGC.
Pour le bilan humain, selon les données recoupées par Annahar, les frappes sur les centres névralgiques iraniens auraient fait plus de 1 000 morts et 4 000 blessés sur l'ensemble de la semaine.
Au Liban, l'onde de choc iranienne s'est traduite par une agression israélienne d'une intensité inégalée, provoquant une catastrophe humanitaire sans précédent. Il y a eu un exode massif du sud et de Dahye.
Le prix du sang est élevé, avec un bilan des victimes qui n'arrete pas d'augmenter: Le ministère de la Santé rapporte au soir du 8 mars un bilan de 217 morts et 798 blessés. Les frappes ont touché de plein fouet la banlieue sud, la Bekaa et le Sud-Liban.
Le pays fait face à un déplacement de population record. Selon les rapports du HCR et du gouvernement libanais, on dénombre désormais 517 000 déplacés certifiés.
117 000 personnes sont hébergées dans 440 centres d'accueil saturés.
400 000 ont trouvé refuge chez des proches ou dans des abris de fortune.
37 000 personnes ont déjà fui vers la Syrie pour échapper aux bombes.
La communauté internationale s’est scindée
L’axe de la fermeté d'un cote avec Donald Trump qui ne reconnaît aucune légitimité à Mojtaba. Israël a déjà désigné le nouveau Guide, Mojtaba Khamenei comme une cible militaire prioritaire.
Le bloc de la realpolitik avec Vladimir Poutine qui a été le premier à féliciter Mojtaba, y voyant un garant de la stabilité anti-occidentale. La Chine exige la réouverture d'Ormuz.
La France a tenté une médiation pour épargner Beyrouth, sans succès. Au Grand Sérail, le Premier ministre Nawaf Salam a exhorté l'armée au désarmement du Hezbollah au nord du Litani pour tenter de sauver la souveraineté nationale.
Nous sommes à l'ère de la "Résistance Totale"
Ce dimanche soir, alors que le Hezbollah faisait officiellement allégeance à Mojtaba Khamenei, le Liban s'est couché sous les décombres. Comme le souligne un éditorialiste d’Annahar : « Le Liban est redevenu le champ de bataille sacrifié d'une dynastie iranienne en sursis. »