Succession à Téhéran : Mojtaba Khamenei, le nouveau « Guide » d’un Iran en guerre

Moyen-Orient 09-03-2026 | 01:15

Succession à Téhéran : Mojtaba Khamenei, le nouveau « Guide » d’un Iran en guerre

Dans un climat de tension extrême et sous le feu des bombardements, l’Assemblée des experts iraniens a officiellement désigné dimanche 8 mars 2026 Mojtaba Khamenei pour succéder à son père, Ali Khamenei. Cette élection marque un tournant dynastique sans précédent dans l’histoire de la République islamique, alors que le pays fait face à une offensive militaire majeure. 
Succession à Téhéran : Mojtaba Khamenei, le nouveau « Guide » d’un Iran en guerre
Succession à Téhéran : Mojtaba Khamenei, le nouveau « Guide » d’un Iran en guerre
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L'annonce est tombée comme un couperet dimanche soir, relayée par les médias d'État après plusieurs jours d'incertitude. L’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de désigner le numéro un du régime, a confirmé avoir élu l’ayatollah Mojtaba Hosseini Khamenei comme troisième Guide suprême de la République islamique.

Cette décision fait suite au décès d’Ali Khamenei, tué le 28 février dernier lors d’une frappe aérienne massive menée par les forces israélo-américaines. Pour la première fois depuis la révolution de 1979, le pouvoir suprême reste au sein de la même famille, une rupture avec les principes initiaux du régime qui rejetaient l’idée d’une succession héréditaire.

Un homme de l'ombre au centre du pouvoir

Âgé de 56 ans, Mojtaba Khamenei a longtemps été décrit comme « l'éminence grise » de son père. Contrairement aux autres figures de la scène politique iranienne, il n’a jamais occupé de fonction officielle au sein du gouvernement, préférant cultiver son influence dans les coulisses du bureau du Guide et auprès de l'appareil sécuritaire.

Ses liens étroits avec les Gardiens de la révolution (IRGC) et la milice Basidj auraient été décisifs. « Le choix de Mojtaba est celui de la continuité sécuritaire et de la fermeté idéologique », analyse un expert de la région. « Dans un contexte de guerre ouverte, le régime a privilégié la cohésion interne et la loyauté absolue plutôt que l'ouverture. »

 

Une élection sous haute tension

Le processus électoral s'est déroulé dans des conditions exceptionnelles. Plusieurs membres de l'Assemblée des experts ont indiqué que le vote n'avait pu se tenir en présentiel à Téhéran en raison des risques de frappes, forçant une délibération décentralisée.

 

L'élection de Mojtaba Khamenei intervient alors que les frappes se poursuivent : Des explosions ont été signalées près de Qom et Téhéran quelques heures avant l'annonce officielle.

 La menace israélienne

 Le ministre israélien de la Défense a d’ores et déjà prévenu que tout successeur d’Ali Khamenei resterait une « cible légitime ».

  La réaction de Washington

Le président Donald Trump a averti que le nouveau dirigeant ne « tiendrait pas longtemps » sans une forme d'aval international, une déclaration fermement rejetée par la diplomatie iranienne.

 

Quels défis pour le nouveau Guide ?

Le défi est colossal pour Mojtaba Khamenei. Outre la gestion de la défense du territoire face à l'offensive étrangère, il devra asseoir sa légitimité religieuse auprès d'une partie du clergé de Qom, qui voit d'un mauvais œil cette forme de « monarchie chiite ».

Sur le plan intérieur, il hérite d'un pays secoué par des crises économiques chroniques et une contestation sociale qui, bien que muselée par l'état de guerre, reste latente. En choisissant le fils du défunt Guide, Téhéran envoie un message clair au monde : le régime n'entend pas changer de cap, même sous la pression des bombes.