Bac et Brevet 2026 : Le contrôle continu instauré en urgence dans dix pays en crise
La décision, officialisée ce mardi, transforme radicalement les modalités d'obtention des
diplômes pour des milliers d'élèves. Au lieu de se rendre dans des centres d'examen
dont la sécurité ne peut plus être garantie, les candidats scolarisés dans les
établissements homologués verront leurs notes de l'année converties en notes de
baccalauréat ou de brevet. Cette mesure concerne toutes les épreuves majeures : des
épreuves anticipées de Première jusqu'au Grand Oral et à la Philosophie pour les classes
de Terminale.
Une cartographie dictée par l'insécurité régionale
Le périmètre de cette annulation suit les lignes de fracture des conflits actuels. En plus
du Mali, où la situation sécuritaire reste préoccupante, neuf pays de la zone Proche et
Moyen-Orient sont visés, incluant notamment le Liban, Israël, l'Iran et les Emirates
arabes unis. Les élèves inscrits au Cned en classes réglementées bénéficient du même
dispositif, évitant ainsi des déplacements risqués vers des centres d'examen qui, pour
certains, ont déjà dû fermer leurs portes.
Le recours à la session de septembre pour les candidats libres
Si la majorité des élèves bascule sur la moyenne annuelle, le sort des candidats sous
statut individuel diffère. Ne disposant pas de livret scolaire permettant d'établir une
moyenne représentative, ces derniers sont invités à se présenter à la session de
remplacement prévue en septembre 2026. Le ministère a également précisé que ce
dispositif pourrait être étendu à d'autres pays si la situation géopolitique venait à se
dégrader dans les quinze jours précédant le début des épreuves.
Une décision politique dictée par la nécessité
Au-delà de l'aspect technique, cette mesure est perçue comme une décision politique de
haut niveau, arbitrée au plus près des réalités du terrain. Pour Ghassan Ayoub, conseiller
des Français de l’étranger, ce choix s'imposait par réalisme : « C'est une décision sage et
responsable », affirme-t-il, soulignant que la sécurité des élèves et des personnels doit
primer sur les procédures administratives habituelles.
Selon lui, le maintien des examens dans un tel climat de tension aurait créé une inégalité
de traitement flagrante, le stress lié à l'instabilité régionale ne permettant pas aux
candidats de composer dans des conditions sereines. En optant pour le contrôle continu,
Paris envoie un signal de soutien fort aux communautés françaises et aux réseaux
d'enseignement à l'étranger, garantissant que les crises géopolitiques ne deviendront
pas un obstacle insurmontable à la continuité académique des élèves.