Transformer la mort en vie : La cause arménienne, un modèle de résistance universelle
De la formation militaire à l'écriture
La découverte de la cause arménienne par Antoine Habchi remonte à ses 17 ans, lors de sa formation au sein des Forces libanaises. Présentée comme l'exemple idéal de la résistance face à la volonté de la « Sublime Porte » ottomane d'anéantir non seulement un peuple, mais toute sa civilisation, cette histoire a profondément marqué son engagement.
L’idée d’écrire un livre illustré est née d’une rencontre avec une amie, Alik Tabakian, qui s’interrogeait sur la manière d’enseigner ce traumatisme à ses enfants sans les confronter à des images insoutenables.
Face au manque de ressources adaptées, le député Habchi a pris la plume, s’appuyant sur sa formation en histoire et en sociologie et sur la nécessité de lutter contre le déni, particulièrement ravivé par les récents événements au Haut-Karabakh.
Une symbolique de l'espoir : La « Forget-me-not »
L'ouvrage, publié en arménien, anglais, français (et bientôt en arabe), vulgarise des symboles puissants comme la fleur “Forget-me-not » (Ne m'oubliez pas):
Les cinq pétales représentent les cinq continents où la diaspora s'est installée.
Le violet symbolise l'espoir porté par l'Église.
Le centre noir rappelle le chemin de la mort.
Le jaune incarne la continuité de la vie.
De même, la croix arménienne (khachtar) ne symbolise pas le deuil, mais la résurrection. Pour l'auteur, c'est là l'essence du génie arménien : ne pas se figer dans la violence, mais choisir la créativité.
Le Liban et l'Arménie : Des mémoires entrelacées
Antoine Habchi souligne la profonde similitude entre le combat des Forces libanaises et celui du peuple arménien. Il rappelle que la mémoire arménienne est indissociable de la mémoire libanaise, citant des liens historiques remontant au XVIe siècle et l'accueil des survivants qui sont devenus des acteurs productifs et engagés de la société libanaise.
« La véritable résistance est celle qui célèbre la vie, non celle qui glorifie la mort. » Il cite en exemple cette femme arménienne à Beyrouth qui, durant les massacres, refusait l'aumône et demandait une machine à coudre pour produire et aider les autres.
Un message universel contre l'oubli
Il conclut sur la nécessité de la reconnaissance internationale. Citant Adolf Hitler, qui aurait justifié l'Holocauste par l'indifférence du monde face au sort des Arméniens, Habchi rappelle que le silence du passé prépare les crimes du futur.
Aujourd'hui, à travers les écoles et la littérature, le défi reste le même : préserver la mémoire pour que « la véritable mort », celle de l'oubli et du déni, ne l'emporte jamais sur la volonté de vivre.