Les négociations libanaises avec Israël vouées à l’échec

Liban 13-04-2026 | 23:36

Les négociations libanaises avec Israël vouées à l’échec

L’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamada Mouawad, a un contact direct avec son homologue israélien Yahyel Leiter et l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa au département d’État américain, n’est pas en mesure de négocier
Les négociations libanaises avec Israël vouées à l’échec
« De guerre en guerre... Ça suffit ! » (Design de l’époque).
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Le président Joseph Aoun n’assume pas la responsabilité de l’échec des négociations avec Israël. Il est responsable de lancer toute initiative qui pourrait bénéficier au pays et le sauver de la guerre meurtrière, qui à ce jour a fait plus de 2 000 victimes (hors combattants du Hezbollah) et plus de 6 000 blessés, en plus de pertes matérielles de plusieurs dizaines de milliards de dollars.

 

Le président de la République a lancé son initiative de négociation, en réponse à un appel américano-international, axé sur « l’établissement d’une trêve totale tout en stoppant l’agression israélienne contre le Liban par terre, mer et air », puis sur la discussion d’autres sujets. Il a souligné auprès du Premier ministre Nawaf Salam que « le Liban négocie pour lui-même, et personne ne négocie pour lui », ce qui signifie respecter sa décision et sa souveraineté, et refuser de le remettre à la table des négociations entre les autres. C’est une position souveraine par excellence.

 

L’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamada Mouawad, est en contact direct avec son homologue israélien Yehiel Leiter et l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, au département d’État américain, ce qui ne constitue pas une négociation, car c’est un « pouls » et une démonstration de « bonne foi » devant la communauté internationale, puisque le Liban n’est pas accusé d’obstruction, et qu’Israël se retrouve libre de circulation, le bombardant et tuant ses enfants. La réunion à Washington inclut la demande d’un cessez-le-feu d’abord, que Israël a jusqu’à présent rejetée, c’est-à-dire qu’il pousse à l’échec de la première étape. La raison en est qu’elle veut poursuivre la guerre sous prétexte d’éliminer le Hezbollah, et elle continuera tant qu’elle bénéficiera de la couverture américaine. Le Liban veut supprimer ce prétexte, et c’est ce que fait l’exécutif. Face aux mesures nationales souveraines, cela importe peu aux campagnes de moissonnement et aux abus lancés sur les réseaux sociaux par les armées électroniques qui collectent des insultes pour une petite somme, soutenues par des groupes d’extrémistes, de haineux et de personnes qui ne comprennent pas.

 

Les négociations libanaiso-israéliennes sont vouées à l’échec pour plusieurs raisons, notamment :
1- Le Liban n’a pas de stratégie claire pour aucun processus de négociation, le plan, le contenu et les objectifs. Cela n’aide pas à réussir la tâche. Cela demande un projet bien pensé.
2- L’administration américaine, qui pousse à des négociations, n’a pas non plus de projet intégré, mais tout ce que le président Donald Trump recherche, c’est une image protocolaire qui soutient sa vision de réconciliation dans la région et de réduction des guerres.

3- Chaque négociation nécessite une large couverture politique dans un pays gouverné par des équilibres sectaires et sectaires. La négociation ne bénéficie pas encore du soutien chiite. Le président chrétien ne peut pas prendre sur lui de s’en charger. Le soutien sunnite ne suffit pas, car le « duo chiite » détient la décision de la rue bloquée. Les États-Unis et Israël souhaitent négocier avec les chiites, ce qu’ils ont fait dans le précédent accord de démarcation des frontières maritimes, et le soi-disant « accord-cadre » est né dans le ventre du palais d’Ain al-Tineh, où réside le président Nabih Berri, représentant des « deux » parties.
4- Le succès des négociations nécessite une couverture arabe et un soutien international. Les Arabes sont actuellement préoccupés par l’agression de l’Iran contre leurs pays, et les États-Unis ainsi qu’Israël tentent d’exclure les pays proches du Liban de la scène des négociations, notamment la France, dans le but de l’assiéger et de l’affaiblir, ce qui n’est pas dans l’intérêt des négociations.
5- Les demandes israéliennes croissantes sont difficiles, voire parfois impossibles à atteindre, car Israël n’est pas satisfait de la demande de limitation des armes, mais selon Haaretz, il exige la confiscation des biens et des fonds du Hezbollah, ce qui conduit à l’interdiction de son activité politique, après les dimensions sécurité et militaire, des exigences que le Liban ne peut pas satisfaire.
6- Israël exige un accord de paix global et authentique. Il convient de rappeler la position du Liban selon laquelle il sera le dernier pays arabe à signer un tel accord, et qu’il respecte l’accord de l’Initiative de paix arabe dans la région. Il lui est donc difficile de conclure seul un accord de paix global.
 Israël rejette la demande du Liban de cesser les hostilités avant de commencer à élaborer un plan de négociation, et bien sûr refuse de se retirer des territoires libanais qu’il occupe, mais continue d’occuper et de démolir chaque jour, afin d’obtenir de « nouvelles cartes » qui pourraient être négociées plus tard, ce qui complique la possibilité de poursuivre les négociations.

 

Face à ces réalités, la négociation devient extrêmement complexe, vulnérable et vouée à l’échec. La présidence libanaise ferait bien d’avancer à l’avance, car Israël pourrait être embarrassé devant le monde et apparaître comme un État agresseur, rejetant de véritables négociations pour des raisons logiques et pratiques. Ainsi, l’obstruction, la procrastination et l’échec de tout le processus retombent sur Israël.

 

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