La bataille de Bint Jbeil : le tournant dans la quête d’Israël pour une ceinture de sécurité
La ville de Bint Jbeil connaît une escalade militaire remarquable, avec l’intensification des raids et des opérations de terrain dans ses environs, alors que la scène tente de contrôler la ville, à un moment où la scène attend les développements sur le terrain et leurs répercussions sur la trajectoire politique attendue.
Selon les informations, l’avance vers Bint Jbeil se fait par quatre à cinq axes, notamment depuis la ville d’Ainata, située au nord-ouest de la ville. Également depuis Ainata, les forces avancèrent vers la zone de Saff al-Hawa, l’entrée principale nord de Bint Jbeil, ainsi que vers le complexe Musa Abbas, situé sur la route reliant Bint Jbeil et Ainata, et de là vers Aitrun.
Des progrès ont également été enregistrés depuis Ainata en direction du triangle qui relie Maroun Al-Ras, Ainata et Bint Jbeil, ou ce que l’on appelle le quartier d’Al-Maslakh.
Depuis l’ouest, l’avance s’est faite depuis la ville d’Ain Abel vers la zone d’Al-Aweini, qui surplombe le stade Bint Jbeil, ainsi que vers Talat Shamran, ou Talat Massoud comme on l’appelle, qui est sujet à des tirs de roquettes, selon les déclarations du Hezbollah.
Depuis le sud, une avancée s’est faite depuis la ville de Yaron vers la zone d’al-Dora, un quartier de Bint Jbeil adjacent à Yaron.
Dans ce contexte, le journal Yedioth Ahronoth a rapporté que l’Armée de l’air israélienne continue de larguer des dizaines de munitions lourdes sur la ville de Bint Jbeil, dans le cadre de ce qu’elle a décrit comme « la bataille pour prendre le contrôle de la ville ».
Le journal a souligné que Bint Jbeil est un symbole du Hezbollah depuis la Seconde Guerre du Liban, soulignant que les opérations militaires visent à encercler la ville et à mener des frappes à longue distance avec une forte intensité de tir, en plus de s’appuyer sur la supériorité technologique de l’armée israélienne, selon le rapport.

Parallèlement, la chaîne israélienne 12 a rapporté que les forces de l’armée avaient commencé une incursion terrestre dans la ville, après un siège de plusieurs jours, notant que l’armée estimait que des dizaines d’éléments du Hezbollah sont piégés dans la zone, une résistance attendue.
La chaîne a ajouté que l’armée israélienne a renforcé sa présence sur le front nord, coïncidant avec les négociations prévues mardi prochain entre le Liban et Israël, notant que ses forces ont commencé à pénétrer à Bint Jbeil au cours des dernières 24 heures.
Selon les estimations militaires israéliennes, « l’opération pour prendre le contrôle de la ville pourrait prendre plusieurs jours, compte tenu de la préparation à faire face à la résistance des éléments restants à l’intérieur. »
Dans un contexte connexe, l’armée israélienne a renforcé ses opérations terrestres dans le sud du Liban, où cinq divisions militaires (98, 36, 146, 162 et 91) consolident leur présence dans la région.
D’autre part, le Hezbollah a annoncé avoir ciblé des véhicules et des soldats israéliens en périphérie de Bint Jbeil avec une roquette, en plus de cibler un char Merkava à proximité de l’école Al-Ishraq avec un missile guidé, confirmant ainsi que des pertes avaient été enregistrées.
Que savons-nous sur Bint Jbeil ?
La ville de Bint Jbeil est connue comme un bastion majeur du Hezbollah, ayant servi de base arrière vitale depuis le retrait d’Israël du sud du Liban en 2000. La ville est la plus proche de la frontière, à seulement 3 kilomètres, ce qui lui confère une grande importance démographique et géographique.2006 : Un héritage et une « légende » Bint Jbeil a acquis son statut de « légendaire »
après la guerre de juillet 2006, qui a vu les avancées terrestres de l’IDF échouer et ses unités d’élite subir de lourdes pertes. Cet héritage a fait de la ville un défi constant, et l’ancien secrétaire général du parti, feu Sayyed Hassan Nasrallah, l’a utilisé comme tribune pour lancer sa célèbre citation dans laquelle il qualifiait Israël de « plus faible qu’une toile d’araignée ».
En 2006, les forces israéliennes ont infiltré les environs du stade Bint Jbeil et, malgré la déclaration d’un contrôle partiel par Israël et la levée du drapeau israélien dans la ville, elles n’ont pas réussi à stabiliser leur position et ont été contraintes de battre en retraite.