L’Église et la société civile lancent une « Cellule de Survie » et un lobby pour les villages frontaliers
Mgr Mounir Khairallah : Protéger l’essence du Liban
En ouverture, S.E. Monseigneur Mounir Khairallah, président de la Commission Épiscopale pour les Communications Sociales, a exprimé la position ferme du Patriarcat Maronite. Rappelant les réunions préalables avec les ONG et Caritas, il a réaffirmé le rejet total de la violence et de la guerre. Pour Mgr Khairallah, la lutte actuelle est existentielle : si les villages du Sud se vident, c’est « l’essence même du Liban » qui disparaîtra. Il a exhorté l’État et l’Armée libanaise à assumer leur rôle de seuls protecteurs légitimes.
Fouad Abou Nader : Entre martyrs, histoire et soutien pontifical
Le Dr Fouad Abou Nader, président de l’association Nawraj, a rendu un vibrant hommage aux habitants. « Ils réalisent que la vie est plus forte que tout », a-t-il déclaré, citant les martyrs tombés récemment : le père Pierre el-Rahi à Kley3a et Samy Ghafari à Alma el-Chaab.
Plongeant dans l'histoire, il a rappelé que depuis 1967, les habitants du Sud paient « le prix de la guerre des autres ». Pour fortifier cette résilience, il a invoqué le soutien explicite du Pape, dont les messages de solidarité envers les villages du Sud constituent un pilier moral indispensable. « Quand viendra le tour d'aider les Libanais, nous voulons soutenir nos amis qui prouvent chaque jour leur attachement à cette terre », a-t-il affirmé.
Face aux menaces : La création d'une « Cellule de Survie »
Anticipant une possible incursion terrestre et le départ de la FINUL, Fouad Abou Nader a identifié trois crises majeures: l'insécurité totale, l'isolement géographique et la pénurie de produits vitaux (médicaments, lait infantile, essence).
Pour y répondre, Nawraj et ses partenaires annoncent des mesures concrètes :
La "Cellule de Survie", un mécanisme opérationnel pour garantir la circulation des biens de première nécessité jusqu'aux villages les plus isolés. La sécurité institutionnelle, un appel au renforcement de la police nationale et à la création de polices municipales spécifiques, dirigées par les élus locaux, pour assurer la relève en cas de vide sécuritaire.
Et l’institution d’un Lobby pour le Sud. Les intervenants ont annoncé leur volonté de créer un véritable groupe de pression pour défendre les intérêts des sudistes auprès des instances nationales et internationales.
Un centre médiatique au service du Sud
Douad Abou Nader a conclu en précisant que les habitants du Sud Liban vont utiliser le Centre Catholique d’Information comme tribune permanente pour porter la voix des habitants du Sud. « Nous utiliserons toujours ce centre pour raconter leurs nouvelles et porter leurs revendications », a-t-il assuré.
La conférence s'est achevée sur une volonté commune de transformer la détresse en une action politique et sociale coordonnée, afin que le Sud reste le cœur battant de la souveraineté libanaise.