Marie‑Rose Osta, une voix montante du cinéma libanais

Culture 24-02-2026 | 10:48

Marie‑Rose Osta, une voix montante du cinéma libanais

Le cinéma libanais s’est enrichi d’une nouvelle voix singulière avec l’émergence de Marie‑Rose Osta, jeune réalisatrice qui a récemment conquis la scène internationale. En février 2026, son court métrage Yawman ma Walad (Someday, a Child) a remporté l’Ours d’or du meilleur court métrage au 76e Festival international du film de Berlin (Berlinale), consacrant son talent et son engagement.
Marie‑Rose Osta, une voix montante du cinéma libanais
Marie -Jo Osta
Smaller Bigger

Un récit entre magie et résistance

 

Dans Yawman ma Walad, Osta raconte l’histoire d’un enfant doté de pouvoirs surnaturels capables d’arrêter les avions israéliens qui perturbent son sommeil. Le film, tourné dans une maison en béton inachevée, met en scène un garçon de onze ans et son oncle, dans un village marqué par le bruit incessant des avions de guerre.

Ce mélange de réalisme politique et de magie inscrit son œuvre dans la tradition du réalisme magique engagé, où l’imaginaire devient un outil de dénonciation et de survie. Comme l’a écrit Soul Arabia, « le film illustre la capacité de l’enfant à transformer la peur en pouvoir, et la fragilité en résistance ».

 

Une parole politique

 

Lors de la remise de son prix à Berlin, MarieRose Osta a rappelé que « les enfants du Liban et de Gaza ne sont pas négociables », une phrase reprise par plusieurs médias et largement applaudie dans la salle.

 

Son discours, empreint de gravité et de solidarité, a transformé la cérémonie en tribune pour les droits des enfants et contre les agressions israéliennes. Elle a utilisé sa victoire non seulement pour mettre en lumière le cinéma libanais, mais aussi pour rappeler la souffrance des plus jeunes dans les zones de conflit.

 

Une génération en mouvement

 

Osta s’inscrit dans une nouvelle génération de cinéastes libanais – aux côtés de Lamia Joreige, Rania Rafei ou Danielle Arbid – qui portent haut les couleurs du pays à l’international. Son cinéma, à la fois poétique et politique, témoigne d’une volonté de faire du septième art un espace de mémoire, de résistance et de dialogue.

La Berlinale, réputée pour son engagement envers les voix marginalisées et les récits politiques, a ainsi offert une scène mondiale à une œuvre qui conjugue esthétique et dénonciation. Comme l’a résumé un critique berlinois : « Osta a rappelé que le cinéma peut être un cri, une prière et une arme douce ».

.