Les discussions reviennent à la case départ dans un contexte d'escalade entre Washington et Téhéran
Les pressions sur les négociations en cours entre les États-Unis et l'Iran, médiées par le Pakistan et le Qatar, vont au-delà de ce que le Président américain Donald Trump décrit comme le “bavardage négatif” venant de ce qu'il appelle “les démocrates et les républicains non patriotes.” Le problème réside dans les positions divergentes sur les questions fondamentales, du programme nucléaire au détroit d'Ormuz et aux sanctions, s'étendant jusqu'aux axes régionaux, notamment le Liban.
Depuis que Trump a retiré sa signature de l'accord vendredi, il reste convaincu que les États-Unis peuvent obtenir un meilleur accord. Il a donc envoyé des conditions strictes à Téhéran et attend une réponse, même si l'escalade des tensions signale l'érosion d'un cessez-le-feu déjà fragile. Les forces américaines frappent les sites appartenant aux Gardiens de la révolution dans le détroit d'Ormuz, tandis que les forces iraniennes ripostent en frappant les bases américaines au Koweït. Que se passerait-il si Israël élargissait ses attaques au Liban avec une approbation claire des États-Unis ?

Les négociations reviennent à la case départ
Les nouvelles conditions de Trump et l'insistance de l'Iran sur ses positions font reculer les négociations à leur point de départ. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a résumé la situation en affirmant que tout ce qui est dit au sujet du mémorandum d'entente n'est rien de plus que de “pures spéculations.” Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Qalibaf a attribué la lenteur des discussions à un “manque de confiance” dans la partie américaine, soulignant que l'Iran “n'acceptera aucun accord qui ne garantit pas les droits des Iraniens.” Il a également vu l'escalade israélienne au Liban comme une preuve d'un manque d'engagement des États-Unis envers leurs promesses.
Si les choses continuent dans cette direction, elles pourraient atteindre une formule décrite par le chercheur iranien du Carnegie Endowment for International Peace Karim Sadjadpour, selon laquelle un bon accord pour les États-Unis ne sera pas accepté par l'Iran, et un bon accord pour l'Iran ne sera pas accepté par les États-Unis.
Au milieu de cette impasse, il n'est pas étonnant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait ordonné la reprise du bombardement des banlieues sud de Beyrouth. Trump avait précédemment imposé des restrictions, après le cessez-le-feu avec l'Iran le 8 avril, sur les frappes aériennes israéliennes sur Beyrouth et les banlieues sud, suite au “mercredi noir” qui a coïncidé avec l'entrée en vigueur du cessez-le-feu sur le front iranien.
Les frappes mutuelles et l'intensification du front libanais deviennent des outils de pression clés pour créer une ouverture diplomatique qui pourrait mener à un compromis où les deux parties peuvent clamer victoire.
Le détroit d'Ormuz entre escalade et désescalade
Alors que les négociations se compliquent, le cessez-le-feu devient plus fragile et plus exposé à l'effondrement, la possibilité d'une guerre plus large n'étant plus exclue. Un état de ni guerre ni paix ne peut persister longtemps sans être accompagné d'une diplomatie active, telle que celle menée par le Pakistan après l'effondrement des pourparlers d'Islamabad les 10 et 11 avril, sans parvenir à un accord.
En attendant, l'administration Trump tente de présenter la navigation dans le détroit d'Ormuz comme si elle n'était pas impossible malgré la fermeture du détroit par l'Iran. Dans ce contexte, un responsable américain a annoncé que le Commandement central américain avait facilité le passage de 70 navires commerciaux vers et depuis le Golfe par Hormuz.
Ces navires passaient probablement par le côté omanais du détroit, hors de vue des Gardiens de la révolution iraniens, qui autorisent environ 20 navires par jour à passer en coordination avec les autorités iraniennes, tandis que les navires tentant de passer sans permission sont sommés de faire demi-tour.
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