Les procureurs de Paris enquêtent sur une possible ingérence étrangère dans les élections municipales françaises

France 27-05-2026 | 14:25

Les procureurs de Paris enquêtent sur une possible ingérence étrangère dans les élections municipales françaises

L'enquête se concentre sur des allégations de campagne de désinformation visant les candidats de gauche, avec des liens suspectés avec des acteurs basés en Israël et des efforts de manipulation en ligne.
Les procureurs de Paris enquêtent sur une possible ingérence étrangère dans les élections municipales françaises
François Piquemal (AFP)
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Le bureau du procureur public de Paris a ouvert une enquête sur la possibilité d'une ingérence étrangère par une société israélienne dans les élections municipales françaises, suite à une campagne de désinformation visant plusieurs candidats du parti de la gauche radicale La France Insoumise.

 

L'enquête concerne des opérations menées pendant les élections municipales de mars contre trois candidats du mouvement : Sébastien Delogu à Marseille dans le sud, François Piquemal à Toulouse dans le sud-ouest et David Guiraud à Roubaix dans le nord.

 

Les chefs d'accusation à l'examen comprennent l'association de malfaiteurs avec une puissance étrangère, la manipulation des électeurs par des informations fausses ou des tactiques frauduleuses, et l'apologie du terrorisme en ligne, au vu de certains slogans utilisés.

 

Un travailleur tient un bulletin de vote lors du premier tour des élections municipales dans un bureau de vote à Marseille
Un travailleur tient un bulletin de vote lors du premier tour des élections municipales dans un bureau de vote à Marseille

 

Selon les candidats, ils ont été la cible de campagnes de diffamation combinant de fausses accusations, des fausses images électorales, et de la manipulation sur les plateformes de médias sociaux.

 

Sébastien Delogu a déclaré aux journalistes mercredi dernier à Paris : « Vous conduisez votre voiture et voyez un panneau d'affichage avec votre nom et un QR code menant à de fausses accusations de viol. »

 

François Piquemal a parlé de « la création de pages sur les réseaux sociaux promouvant les pires rumeurs, » la « divulgation » de mots de passe à ses comptes sur ces plateformes, ainsi que de fausses images de campagne, même sur la plateforme de marché en ligne Vinted.

 

Piquemal a demandé mercredi dernier devant les journalistes, entouré de son avocat : « Le réseau israélien d'extrême droite a-t-il volé les élections municipales à Toulouse ? »

 

Cette campagne de diffamation a été menée depuis Israël, selon une source proche du dossier qui s'est récemment exprimée auprès de l'Agence France Presse, tandis que le journal français Libération et le journal israélien Haaretz ont rapporté l'implication de deux entreprises basées dans l'État juif.

 

Les candidats pensent avoir été ciblés en raison de leur soutien à la cause palestinienne.

 

Les juges ont particulièrement examiné des publications de Viginum, l'agence chargée de lutter contre ce type de manipulation en ligne, qui faisait référence à un « système artificiel ou automatisé de diffusion de contenu manifestement inexact ou trompeur. »

 

Viginum a ajouté que « cette campagne malveillante impliquant un acteur situé à l'étranger pourrait nuire aux intérêts fondamentaux de la nation, car elle cherche délibérément à altérer l'information des citoyens. »

 

Les juges ont également examiné des articles de presse pointant la société Black Cube, basée à Tel-Aviv en Israël, comme étant derrière ces actions.

 

Cependant, le bureau du procureur public a rappelé que le concept d'ingérence ne concerne pas les intérêts d'un particulier ou d'une entreprise étrangère, mais les intérêts d'un État étranger, et il n'a pas été informé de soupçons d'une telle ingérence.

 

L'enquête a été confiée à l'unité nationale de lutte contre la cybercriminalité.