Sectarisme au Liban : Vers un État laïc et citoyen ?

Liban 22-05-2026 | 14:47

Sectarisme au Liban : Vers un État laïc et citoyen ?

Alors que les appels à abolir le sectarisme politique refont surface au Liban, une question profonde émerge : mettre fin aux quotas sectaires suffit-il ou le pays a-t-il besoin d'un État entièrement laïque pour atteindre l'égalité, la justice et une véritable identité nationale?
Sectarisme au Liban : Vers un État laïc et citoyen ?
Etablir l'Etat laic
Smaller Bigger

 

L'abolition du sectarisme politique marque-t-elle le début du chemin vers un véritable État, ou l'établissement d'un État laïc est-il la pierre angulaire de la construction d'une nation libre de sectarisme?


 

Quelle question devrait être abordée en premier? Plus important encore, quelle option sert le mieux les intérêts du peuple libanais?

 

 

Logiquement, l'établissement de l'État mène inévitablement à l'abolition du sectarisme politique. Dans ce cas, ce dernier devient un résultat naturel de la construction de l'État.

 

 

Cette logique peut amener beaucoup à considérer un État laïc comme le meilleur et le plus adapté pour l'avenir du Liban, car il est considéré comme un cadre sûr garantissant les droits individuels et maintenant la justice.

 

 

Selon l'avocat à la cour Elie Klimos, titulaire de diplômes en droit et en sciences politiques et administratives, « L'abolition du sectarisme peut être une solution si elle s'accompagne d'autres réformes : premièrement, l'établissement d'un Sénat ; deuxièmement, organiser des élections parlementaires sans contraintes sectaires ; troisièmement, définir clairement les rôles du Parlement et du Sénat ; et quatrièmement, mettre en œuvre des lois de réforme non sectaires, au moins par un statut personnel civil unifié et une nouvelle loi moderne sur les partis interdisant les partis à programme religieux en contradiction avec la Constitution libanaise. »

 
Texte constitutionnel

Dans la conception d'un État laïc, la religion est séparée de l'État dans la sphère publique et dans la législation politique, tandis que la loi tire son autorité de la citoyenneté plutôt que de l'appartenance sectaire.

 

Il ne fait aucun doute que cela conduit à une pleine égalité devant la loi et favorise une identité nationale globale au lieu de loyautés étroites. Cela sert également de fondement sur lequel d'autres éléments sont construits, dans le cadre d'un cadre intégré. À ce stade, des problèmes tels que l'indépendance judiciaire ou la garantie des libertés individuelles au-delà des contraintes sectaires deviennent un résultat naturel de la construction de l'État.

 

 

Elie Klimos souligne que « la solution réside dans l'établissement d'un véritable État laïc, plutôt que de continuer à vivre sous un sectarisme sans dieu comme c'est le cas aujourd'hui, et au lieu de reproduire des modèles qui pourraient être étrangers à notre société. »

 

 

Au fil des ans, la question de l'abolition du sectarisme politique au Liban est restée un point de contentieux politique, traitée presque comme un « menu à la carte » selon les circonstances et les intérêts. À chaque moment politique sensible ou critique, certains reviennent à soulever la question de l'abolition du sectarisme politique sans présenter de projet ou de vision claire.

 

 

Malgré le fait que l'abolition du sectarisme soit inscrite à l'article 95 de la Constitution libanaise dans le cadre du « Document d'accord national », certains continuent de l'utiliser comme outil de chantage politique.

 

 

Quotas et lutte

 

Abolir le sectarisme est censé mettre fin à la lutte sur les quotas et le partage du pouvoir dans les fonctions publiques, et ouvrir la voie à la compétence et au mérite plutôt qu'à l'affiliation sectaire. Cependant, pendant 36 ans,cette question n'a pas été sérieusement abordée, bien qu'elle soit considérée comme une partie inséparable d'un paquet de réformes intégrées — commençant par la création d'un Sénat, passant par la mise en œuvre d'une décentralisation administrative élargie, et se terminant par une loi sur le statut personnel civil unifié.

 

Tous ces éléments rendent l'abolition du sectarisme un chemin sérieux. 

 

 

Elie Klimos commente que « supprimer le sectarisme politique sans réformes constitutionnelles et lois de réforme reviendrait à permettre à certaines sectes de dominer d'autres. »

 

 

Plus franchement, abolir le sectarisme sans ce processus de réforme constitutionnelle complète pourrait conduire à une « domination numérique » d'un groupe sur un autre au sein de la structure pluraliste du Liban, marginalisant potentiellement d'autres composantes. D'un autre point de vue, cela fait partie d'un tout plus large — mais pas du tout en soi.

 

 

En termes simples, l'option la plus complète et la plus efficace pour les Libanais va au-delà de l'abolition des quotas sectaires dans le partage du pouvoir, vers l'établissement d'un système basé sur la citoyenneté qui protège les droits individuels. En revanche, abolir le sectarisme politique seul pourrait priver le système de sa substance sans fournir une alternative institutionnelle capable de garantir l'égalité et une véritable citoyenneté.

 

En termes simples, l'option la plus complète et la plus efficace pour les Libanais va au-delà de l'abolition des quotas sectaires dans le partage du pouvoir, vers l'établissement d'un système basé sur la citoyenneté qui protège les droits individuels. En revanche, abolir le sectarisme politique seul pourrait priver le système de sa substance sans fournir une alternative institutionnelle capable de garantir l'égalité et une véritable citoyenneté.