Amnesty International : La destruction de maisons par Israël dans le sud de la Syrie pourrait être considérée comme des crimes de guerre.
Un groupe de défense des droits annonce que des bâtiments civils à Quneitra ont été endommagés et détruits après les incursions israéliennes dans une zone tampon surveillée par l'ONU suite au changement politique de décembre 2024 à Damas.
Amnesty International a confirmé aujourd'hui, jeudi, que la destruction de maisons civiles par l'armée israélienne dans le sud de la Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad devrait être enquêtée en tant que « crimes de guerre ».
Après le renversement du président syrien Bachar al-Assad en décembre 2024,Israël a déployé des forces dans une zone tampon auparavant surveillée par les Nations Unies, séparant les forces israéliennes et syriennes dans les Hauteurs du Golan en vertu de l'accord de désengagement de 1974.
Israël a effectué des incursions répétées dans les territoires syriens, notamment dans le gouvernorat de Quneitra, adjacent aux Hauteurs du Golan occupées, annonçant son intention d'établir une zone démilitarisée dans le sud du pays.
Amnesty International a déclaré dans un communiqué que la destruction délibérée de maisons civiles par les Forces de défense israéliennes dans le Gouvernorat de Quneitra dans le sud de la Syrie depuis décembre 2024, sans nécessité militaire absolue, devrait être enquêtée en tant que crimes de guerre.
Elle a ajouté, « Israël a le devoir de fournir des compensations pour ces violations graves du droit humanitaire international».
Israeli incursion in Quneitra (archival).
Elle a expliqué que le 8 décembre 2024—le jour où l’ancien gouvernement syrien dirigé par Bachar al-Assad est tombé—des forces militaires israéliennes ont traversé les Hauteurs du Golan, un territoire syrien qu'Israël occupe depuis 1967, dans trois villages et villes au sein de la zone démilitarisée définie par l'ONU dans le Gouvernorat de Quneitra, faisant un raid dans les maisons et ordonnant aux résidents de quitter les lieux.
Elle a continué : « Au cours des six mois suivants, l'armée israélienne a détruit ou endommagé pas moins de 23 bâtiments civils dans trois villages, décrits par des témoins comme étant leurs propres maisons et celles de leurs voisins ».
Amnesty International a pu vérifier les dommages subis par 23 bâtiments dans ces villages grâce à des images satellite, selon le communiqué.
Kristine Beckerle, directrice adjointe du bureau régional Moyen-Orient et Afrique du Nord chez Amnesty International, a déclaré : "Assurer la sécurité des frontières israéliennes ne peut être utilisé comme justification pour raser des maisons et faire exploser les villages des gens sur le territoire d'un autre pays".
Les opérations israéliennes se sont poursuivies dans le sud de la Syrie alors même que les nouvelles autorités à Damas ont mené des pourparlers avec des responsables israéliens ces derniers mois, évoluant vers un accord de sécurité après des décennies d'hostilités en Syrie.
Israël a occupé des parties des Hauteurs du Golan durant la guerre de 1967 et les a annexées en 1981, une mesure non reconnue par la communauté internationale sauf par les États-Unis.