Par Hatim Betioui
Si les négociations de 21 heures tenues le week-end dernier entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad n'ont pas abouti à une percée diplomatique pour mettre fin à l'incertitude régnante dans la région du Golfe, ni à un arrêt final de la guerre États-Unis-Israël contre Téhéran, elles ont incité le président américain Donald Trump à menacer d'un blocus naval sur les ports iraniens pour empêcher les exportations de pétrole, tandis que l'Iran a menacé d'adopter une politique de la terre brûlée en visant tous les ports du Golfe.
À la lumière de ces développements, qui ont placé la région entre la pression économique américaine et les menaces iraniennes affectant la sécurité des pays du Golfe arabique, plusieurs scénarios restent sur la table, allant de l'escalade intense à la contention temporaire.
Le deuxième scénario implique de lancer une guerre économique étouffante sur l'Iran, principalement destinée à paralyser ses exportations et importations, tout en exerçant une pression sur les pays importateurs tels que la Chine et l'Inde, ce qui pourrait potentiellement pousser Téhéran à réagir indirectement via des réseaux de contrebande et une escalade limitée.
Le troisième et le plus dangereux scénario est le déclenchement d'une large confrontation militaire régionale, notamment si l'Iran cible les ports du Golfe et le Golfe d'Oman, et frappe des installations pétrolières dans la région, entraînant une intervention directe des États-Unis pour protéger leurs alliés, avec la possibilité de l'implication d'autres parties. Le résultat serait une forte hausse des prix mondiaux du pétrole et des perturbations significatives du commerce international.
Le scénario le plus optimiste reste un retour aux négociations sous pression et la conclusion d'un accord intérimaire qui allégerait les sanctions contre l'Iran en échange de l'imposition de restrictions sur son programme nucléaire.
Bien que la logique suggère qu'aucune partie n'a intérêt à une guerre à grande échelle, une erreur de calcul pourrait encore y conduire, d'autant plus que le président Trump a menacé de reprendre les frappes si le blocus naval ne change pas le comportement de l'Iran.
Entre l'utilisation par Téhéran de la sécurité énergétique et de la navigation maritime comme moyen de dissuasion, et la dépendance de Washington sur les sanctions et la domination navale pour exercer une pression, la région reste sur le fil du rasoir — avec un mince espoir qu'aujourd'hui, jeudi, Washington et Téhéran puissent reprendre un nouveau cycle de négociations directes visant à mettre fin au conflit avant que ne expire la date limite de la trêve de deux semaines.
En attendant, la région du Golfe semble être à la croisée des chemins où les calculs géopolitiques s'entrecoupent avec les enjeux énergétiques et de sécurité mondiaux.
Bien que la fenêtre diplomatique se soit rétrécie, elle ne s'est pas encore fermée. L'expérience précédente suggère que les communications par voie détournée et la diplomatie silencieuse peuvent encore ouvrir des voies inattendues vers une désescalade, notamment si les parties parviennent à reconnaître que les coûts de la confrontation dépassent les avantages. Cependant, la réussite de cette voie dépend de la volonté de chaque partie de faire des concessions mutuelles et de passer d'une logique de pression à celle de gestion des intérêts partagés.
Dans ces circonstances, la stabilité du Golfe n'est pas simplement une option régionale mais une nécessité internationale urgente. Tout glissement dans le chaos aurait des répercussions au-delà des frontières de la région, affectant principalement l'économie mondiale et la sécurité énergétique, dans un monde qui ne peut plus supporter de nouvelles crises ouvertes — un monde où les scénarios possibles se sont multipliés et les solutions décisives sont devenues rares.
Disclaimer: Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.