Mais bloquer les ports iraniens et fermer le détroit d'Ormuz par la marine américaine signifierait priver les marchés mondiaux d'environ 1,6 million de barils de pétrole par jour. Cette attente a immédiatement poussé les prix au-delà de la barre des 100 $, tandis que les actions américaines ont connu une baisse.
Le pari est maintenant sur qui peut endurer plus de dommages : l'Iran ou les marchés mondiaux. Les usines de plusieurs pays asiatiques ont commencé à réduire leur production pour économiser de l'énergie, tandis que les stations-service ont commencé à rationner, et des pénuries de carburant pour l'aviation ont été enregistrées dans certains aéroports asiatiques et européens, dans un contexte d'anticipations de contraction du PIB de plusieurs pays.
Dans ce contexte, une position notable a été exprimée par le ministère chinois des Affaires étrangères, qui a exhorté toutes les parties à ne pas perturber la navigation dans le détroit d'Ormuz, et a annoncé la volonté de Pékin de travailler avec toutes les parties pour sauvegarder la sécurité énergétique et assurer la stabilité des approvisionnements.
Si Trump cherche à empêcher l'Iran d'utiliser le détroit d'Ormuz comme une monnaie d'échange dans de futures négociations, il risque simultanément de rallumer la guerre et d'entrer dans un conflit prolongé. Reuters a cité des experts affirmant que le blocus équivaut à une opération militaire à grande échelle sans calendrier clair, ce qui pourrait inciter l'Iran à réagir et exercer une pression énorme sur le cessez-le-feu déjà fragile.
Washington et Téhéran ont échangé des accusations quant à l'échec des négociations d'Islamabad. Trump a déclaré que la principale raison était le refus de l'Iran de s'engager clairement à abandonner sa quête d'armes nucléaires, tandis que Téhéran a soutenu que la délégation américaine avait avancé des demandes extrêmes.
Pour la première fois, Trump a reconnu que les prix de l'essence aux États-Unis pourraient continuer à augmenter jusqu'aux élections de mi-mandat en novembre, à un moment où les républicains craignent de perdre les deux chambres du Congrès en raison de l'inflation.
Pour anticiper ce scénario, certains suggèrent que les mesures annoncées par le président américain, ainsi que sa déclaration selon laquelle il « ne se préoccupe pas » de savoir si l'Iran retourne à la table des négociations ou non, font partie d'une tactique de négociation visant à forcer les adversaires à reconsidérer et à adoucir leurs positions.