Le seul chemin pour le Liban est la négociation, pas la guerre

Liban 11-04-2026 | 13:57

Le seul chemin pour le Liban est la négociation, pas la guerre

Un appel pour des pourparlers directs, une démarcation des frontières et un nouveau cadre de sécurité basé sur l'autorité de l'État et la stabilité
Le seul chemin pour le Liban est la négociation, pas la guerre
Des véhicules militaires israéliens circulent sur une route dans le sud du Liban (AFP).
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Dr. Fadia Kiwan

 

Le Liban possède un pouvoir de négociation qu'il peut utiliser lors des discussions. Israël s'est engagé dans une guerre d'usure, et tout le monde sait que dans de telles situations, mettre fin à la guerre aujourd'hui est toujours préférable à la prolonger. Nous devrions également nous rappeler que les colons du nord d'Israël ont quitté leurs foyers et exigent la sécurité et la stabilité comme condition pour revenir.

 

Ils ne reviendront en sécurité que lorsque les civils libanais du sud pourront également retourner en sécurité chez eux.

 

Je crois fermement que le Liban, en initiant des négociations directes indépendantes du conflit entre l'Iran, Israël et les États-Unis, sert ses intérêts nationaux suprêmes. Il est bien connu que les négociations multilatérales sont dangereuses pour les parties les plus faibles, et qu'elles conduisent inévitablement à des compromis et des arrangements.

 

Le Liban devrait-il alors permettre à l'Iran de négocier en son nom ? Et l'Iran le ferait-il vraiment ? Ne négocierait-il pas plutôt pour l'un de ses propres alliés régionaux plutôt que pour le Liban lui-même ?

 

Lorsque Israël a assassiné Hassan Nasrallah, les préparatifs de ses funérailles ont été rapidement faits de manière réservée, avec de grandes commémorations reportées. Mais lorsque le guide suprême de l'Iran, Khamenei, a été visé, la réponse fut l'escalade du front contre l'ennemi en guise de revanche.

 

Cela reflète comment l'alignement est dicté par l'idéologie plutôt que par la politique. Il est profondément ancré dans des générations façonnées par la doctrine de Wilayat al Faqih et l'idéologie de la Garde révolutionnaire iranienne. Plus dangereusement, l'idée de martyrdome s'est mêlée à la mémoire de Karbala, nourrissant un fort sentiment de grief, d'injustice et de marginalisation, qui est à son tour utilisé pour justifier la haine, le ressentiment, et même une volonté d'autodestruction.

 

Dans ce contexte, se cacher parmi des civils innocents, même parmi ses propres partisans, et causer la mort d'enfants, de femmes, de personnes âgées et de personnes à besoins spéciaux, est-ce du martyrdome?

 

Le vrai martyrdome est sur le champ de bataille, là où les chars ennemis et les soldats avancent, et c'est un acte de bravoure indépendamment des circonstances qui y ont mené. Mais fuir et se fondre dans les populations civiles est le comble de la lâcheté et de l'échec moral.

 

Je reviens sur la question de négocier avec l'ennemi et je répète que la négociation est le seul chemin, pas une guerre militaire, pour pousser l'ennemi à se retirer de toute notre terre et libérer les prisonniers, en échange de l'engagement du Liban à revenir à l'accord d'armistice de 1949 et à en assurer le respect par tous, sans aucune raison. Cela nécessite une décision courageuse de ceux qui ont été entraînés ou impliqués dans le conflit Iran-Israël-États-Unis.

 

La décision est simple : l'État libanais devrait prendre possession de leurs armes, équipements militaires et munitions qu'ils ont introduits au cours des 26 dernières années, c'est-à-dire depuis la libération en 2000.

 

En retour, l'État s'engage à les protéger comme tous les autres citoyens.

 

Alors, les gens du sud retourneront dans leurs maisons, villages et villes tout comme les résidents des colonies du nord d'Israël retourneront chez eux.

 

Oui, c'est une garantie de retour, de sécurité et de stabilité, qui créerait une équation gagnant-gagnant entre le Liban et Israël.

 

Après que le peuple libanais soit allé trop loin en exprimant leur fierté de défendre les causes arabes et musulmanes et enfin le régime iranien, il est temps pour eux de se calmer et de penser à leurs propres intérêts, aux intérêts de leur peuple, et à l'intérêt national supérieur du Liban.

 

Je sais que la question n'est pas si simple et qu'il y a des questions complexes que les négociateurs doivent aborder. La première est la démarcation des frontières terrestres, qui doit respecter les frontières reconnues internationalement du Liban et s'éloigner de toutes les interprétations des lignes de feu et des lignes de cessez-le-feu. L'État libanais pourrait également envisager de demander des casques bleus, c'est-à-dire une force de police internationale chargée de sécuriser la frontière sud du Liban au début.

 

Ensuite, il y a la démarcation des frontières maritimes, qui nous oblige à revenir sur les concessions qui nous ont été imposées ces dernières années et à adopter des règles transparentes reconnues internationalement pour définir les frontières maritimes basées sur la frontière terrestre, et non l'inverse.

 

Je m'excuse mais je voulais partager ce rêve avec les lecteurs.

 

Disclaimer: Les opinions exprimées par les écrivains leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar

 
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