La formule politique du Liban sous tension face à la guerre et à l'impasse institutionnelle

Liban 11-04-2026 | 14:38

La formule politique du Liban sous tension face à la guerre et à l'impasse institutionnelle

Le débat sur le partage du pouvoir sectaire et la réforme politique s'intensifie alors que s'accroissent les appels à un système fédéral neutre et que les questions se posent sur qui peut changer le système.
La formule politique du Liban sous tension face à la guerre et à l'impasse institutionnelle
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À la lumière de la guerre au Liban et des profonds changements politiques et sécuritaires qu'elle engendre, la discussion est fortement revenue sur la « formule libanaise » en tant que l'un des piliers du système politique libanais.

 

D'ici se pose la question : cette formule a-t-elle besoin de développement, et qui est capable de prendre une telle initiative ? Dans le passé, la guerre libanaise a représenté une explosion sanglante de la formule libanaise basée sur le partage sectaire du pouvoir, et rapidement l'équilibre fragile entre les communautés s'est transformé en un violent conflit armé alimenté par des interventions étrangères.

 

Ainsi, la formule libanaise n'est plus simplement une structure pour un règlement historique, mais plutôt un test quotidien du système politique libanais et de sa capacité à durer et à survivre.

 

Il a longtemps été dit que le Liban repose sur des équilibres délicats entre ses composantes, mais à chaque moment critique, le pays fait face à un test existentiel, ce qui soulève une question légitime : quelle formule peut apporter de la stabilité à ce pays et l'empêcher de s'effondrer face aux guerres ? La guerre reproduit-elle la formule libanaise ou la place-t-elle au bord de l'effondrement ?

 

Composantes libanaises
L'écrivain et chercheur politique Dr. Michel Chammai affirme que la question de la formule libanaise ne peut être abordée par le biais de la question de la formule que nous voulons. Dans ce cas, chaque groupe ou composante libanaise aborde la formule selon ses propres préférences et la formule qu'elle désire. Dans cette situation, le Liban se transforme en une collection de formules, aucune n'étant à la hauteur de devenir un État.

 

D'un point de vue scientifique, il explique que chaque société est construite de manière complexe, qu'elle soit ethnique, culturelle ou géographique, et la science politique suppose que le système dans une telle composition sociale pluraliste devrait être un système fédéral.

 

Il est vrai que la forme d'un système fédéral diffère d'un pays à l'autre, selon Chammai, soit elle prend la forme d'une décentralisation politique et administrative étendue en fonction de la nature du problème entre les composantes, soit elle prend une forme confédérale.

 

Il explique : concernant la formule libanaise, il y a une tendance vers une décentralisation politique étendue comme minimum, allant jusqu'au fédéralisme comme maximum, si nous voulons préserver le Liban en tant que pays de 10 452 kilomètres carrés. Cela concerne la forme du système politique.

 

Avec quelle formule le système politique libanais s'aligne-t-il?

Peut-être que la discussion de la « formule libanaise » ne découle pas du fait qu'elle soit un concept constitutionnel rigide, mais plutôt un véritable test de sa capacité à résister aux chocs majeurs et aux guerres ouvertes récurrentes qui ont lieu sur le sol libanais et sont utilisées pour enflammer les conflits.

 

Alors la guerre expose-t-elle la formule libanaise et impose-t-elle son changement? Et fondamentalement, dans quelle république sommes-nous aujourd'hui?

 

Déplacement vers Beyrouth depuis les zones de conflit liées aux guerres (AFP)
Déplacement vers Beyrouth depuis les zones de conflit liées aux guerres (AFP)

 

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« C'est une question difficile et sensible », déclare Chammai. « Malheureusement, nous vivons dans une situation qui ne peut réellement être appelée un État ou même une république correcte. Le système de Taëf, tel qu'il a été initialement conçu, n'a jamais été pleinement mis en œuvre. Ce qui a été mis en œuvre l'a été de manière déformée et indirecte. Tout accord qui reste inexécuté pendant 30 ans, au minimum, doit être révisé et adapté à la réalité et aux changements géopolitiques que nous avons traversés. En bref, nous vivons dans tout sauf dans une république pleinement fonctionnelle. »

 

Il ajoute que « la formule qui peut s’aligner avec le système politique libanais est une formule neutre, c'est-à-dire un système fédéral neutre. Par le biais d'un tel système, nous pouvons garantir la stabilité à long terme du Liban. »

 

Le Pacte National
Du Pacte National Libanais de 1943 à l'Accord de Taëf, la formule libanaise a été à plusieurs reprises ébranlée et sapée. La guerre actuelle soulève presque la question suivante : qui est capable de développer cette formule ?

 

Chammai répond que, selon l'équilibre des pouvoirs, le côté capable de développer cette formule n'apparaît pas exister pour le moment. Le parlement libanais est divisé en trois axes : l'axe iranien, l'axe souverain et l'axe centriste. Il n'y a pas de majorité absolue capable de passer un amendement quelconque. Le véritable côté concerné par le développement de la formule est l'axe souverain, pas l'axe iranien, parce que le système actuel, tel qu'il est, et étant donné la capacité obstructive de l'axe iranien en son sein, ne cherche pas à changer une formule qui lui permet de maintenir le contrôle sur les institutions de l'État. Le côté à la fois capable et désireux est sans doute l'axe souverain.