Houthis, Iran et la mer Rouge : comment les guerres par procuration menacent le Yémen et le commerce mondial

Opinion 01-04-2026 | 14:55

Houthis, Iran et la mer Rouge : comment les guerres par procuration menacent le Yémen et le commerce mondial

De Bab al-Mandab au détroit d'Hormuz, les manœuvres régionales de l'Iran risquent d'aggraver la misère du Yémen tout en testant les limites du pouvoir international et du commerce mondial.
Houthis, Iran et la mer Rouge : comment les guerres par procuration menacent le Yémen et le commerce mondial
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La question n'est pas que les Houthis entrent dans la guerre que mène actuellement l'Iran à travers les missiles qu'ils ont lancés. Il s'agit plutôt du moment de cette entrée et de l'emplacement qu'ils ont visé. Ce moment semble iranien, car il survient un mois après le début de la guerre, tandis que la cible choisie est la mer Rouge, avec sa porte d'entrée à Bab al-Mandab.

 

En fin de compte, diriger un ou plusieurs missiles depuis le Yémen vers le territoire israélien ne fait ni avancer ni retarder quoi que ce soit. Une telle action n'aboutit qu'à signaler que la « République islamique » cherche à démontrer son contrôle sur Bab al-Mandab, qui régit la navigation dans la mer Rouge, tout comme elle contrôle le détroit d'Hormuz.

Juste une irritation

 

L'Iran utilise actuellement le détroit d'Hormuz pour exercer une pression sur le monde entier, particulièrement sur l'économie mondiale. Pourquoi ne pas faire de même, par l'intermédiaire des Houthis, dans le détroit de Bab al-Mandab, pour démontrer l'efficacité de l'influence iranienne dans la région, y compris au Yémen ?

 

Les missiles lancés par les Houthis peuvent causer une certaine irritation à l'État hébreu, rien de plus. Cependant, cette irritation n'affectera pas l'équilibre actuel des forces.

 

Les Houthis n'ont de valeur que dans la perturbation de la navigation en mer Rouge. Une telle navigation ne concerne pas Israël, étant donné l'arrêt de l'activité au port d'Eilat. Si les Houthis passent à la menace de la navigation en mer Rouge, cela aura des répercussions négatives sur le canal de Suez, affectant l'Égypte, qui a cherché et continue de chercher à arrêter la guerre en cours entre l'Iran d'une part, et les États-Unis et Israël d'autre part. Perturber la navigation en mer Rouge affectera également les flux de commerce mondial.

 

L'Iran veut internationaliser sa guerre avec les États-Unis et Israël. C'est ce qu'il a menacé avant le déclenchement de la guerre fin février. La question est maintenant de savoir dans quelle mesure la « République islamique » pourra utiliser les cartes qu'elle détient à travers la région — du Liban au Yémen, via l'Irak.

 

Désespoir de l'Iran

 

Les Houthis sont entrés en guerre à la demande des « Gardiens de la Révolution » iraniens. Leur entrée un mois entier après le début de la guerre ne peut être expliquée que par l'état de désespoir au sein de la « République islamique ». La « République islamique » semble maintenant croire que la consolidation de ses cartes renforcera sa position dans toute négociation avec les États-Unis. Elle semble penser que tout ce qu'elle considère comme une carte peut, d'une manière ou d'une autre, être utilisé dans des négociations visant à préserver le régime à Téhéran, qui est maintenant entièrement contrôlé par les « Gardiens de la Révolution ».

 

 

En Iran, le système a changé sans vraiment changer, car les « Gardiens de la Révolution » ont conservé une façade sous la forme du « Guide suprême », Mojtaba Khamenei. Le nouveau « Guide » est devenu peu plus qu'une autre carte dans les mains des « Gardiens de la Révolution ».


Depuis que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa le 21 septembre 2014, ils ont cherché à s'emparer d'Aden, la capitale du sud, et du port de Mocha du côté yéménite de Bab al-Mandab. Les Émirats arabes unis ont joué un rôle important, par l'intermédiaire de forces yéménites efficaces, pour expulser les Houthis d'Aden et de Mocha.

 

 

Les conditions régionales et internationales ont empêché l'éviction des Houthis du port de Hudaydah, qu'ils contrôlent toujours, l'utilisant pour perturber la navigation en mer Rouge. La question est maintenant de savoir si la présence des Houthis en mer Rouge profitera à l'Iran d'une manière ou d'une autre, ou si elle renforcera plutôt la détermination américaine et israélienne pour une solution militaire — par une invasion terrestre de certaines îles proches du détroit d'Hormuz ou par l'utilisation de divers types d'armes tactiques.

 

 

Il ne fait aucun doute que la « République islamique » a enduré plus que prévu face aux États-Unis et à Israël. Pourtant, le fait demeure qu'elle ne peut pas endurer indéfiniment — non seulement parce que ses cartes ne sont pas de véritables cartes, mais aussi parce que le monde ne permettra pas que le détroit d'Hormuz reste à sa merci, ni que les pays de la région restent à la merci de ses missiles et drones.

 

 

De plus, il est devenu évident que la « République islamique » est prête à faire de grands efforts pour défendre le régime existant, qui est devenu effectivement un régime des « Gardiens de la Révolution » — se concentrant sur le déni de l'ampleur de sa défaite et des concessions qu'une telle reconnaissance entraînerait. Il est clair que ce refus de reconnaître la défaite aura des conséquences catastrophiques.

Ce problème ne sera pas limité à l'Iran ou au Liban. Il semble que le rôle désigné pour les Houthis ne fera qu'enfoncer un pays déjà misérable, le Yémen, dans une souffrance accrue — rien de plus, rien de moins.

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.

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