Les sanctions américaines et les négociations entre le Liban et Israël progressent dans un contexte d'escalade croissante

Moyen-Orient 23-05-2026 | 21:48

Les sanctions américaines et les négociations entre le Liban et Israël progressent dans un contexte d'escalade croissante

Washington renforce les sanctions contre le Hezbollah, tandis que des efforts de coordination avec Israël émergent pour redéfinir la sécurité au Liban.
Les sanctions américaines et les négociations entre le Liban et Israël progressent dans un contexte d'escalade croissante
Secrétaire au Trésor américain Scott Bessent (AFP)
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« Ce n'est que le début. Et quiconque continue de protéger cette organisation terroriste, collabore avec elle, ou de quelque manière que ce soit compromet la souveraineté du Liban doit réaliser qu'il en sera tenu responsable. Un Liban stable, sécurisé et indépendant nécessite le désarmement complet du Hezbollah et le rétablissement de l'autorité exclusive du gouvernement libanais sur les affaires de sécurité dans tout le pays. Les États-Unis réaffirment leur disposition à aider le peuple libanais et le gouvernement libanais à tracer une voie vers un avenir meilleur, plus pacifique et prospère. »

 

C'est ainsi que le Département d'État américain, qui accueille les négociations directes libano-israéliennes, a commenté les sanctions imposées par l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain à neuf personnalités de l'armée, de la sécurité générale, de l'ambassade d'Iran, du Mouvement Amal et du Hezbollah. Les individus sont : Mohammad Abdel Muttalib Fanoush, Hassan Fadlallah, Ibrahim al-Moussawi, Hussein al-Hajj Hassan, Mohammad Reza Sheibani, Ahmad Asaad Balbaki, Ali Ahmad Safawi, le général de brigade Khodr Nassereddine, et le colonel Samir Hamadeh.

 

Le Secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que son département continuera de prendre des mesures contre les responsables qui ont « infiltré le gouvernement libanais et facilitent la campagne violente du Hezbollah contre le peuple libanais et entravent une paix durable. »

 

Il n'y a aucune ambiguïté, donc pas besoin d'interprétation ou de débat sur le contexte : l'administration américaine met en œuvre toutes les mesures visant à priver le Hezbollah des moyens qui lui permettent de défendre ses armes, et à retirer la protection de ses alliés qui non seulement le servent mais compliquent également la tâche d'atteindre une paix libano-israélienne.

 

Et « ce n'est que le début. » Dans le domaine des sanctions, les débuts ont par nature un caractère avertisseur et directif. Les étapes les plus difficiles viennent toujours plus tard.

 

Pour le Hezbollah, cela représente un développement dangereux à deux niveaux : au niveau de son aile politique, et au niveau de la peur qui peut affecter quiconque dépend de ses services ou couvre son rôle.

 

Quant au Mouvement Amal, cela constitue une suppression, à un moment critique, de l'immunité entourant la position du président Nabih Berri, car cela se présente comme une simple étape exécutive en accord avec ce qu'Israël avait discuté des mois plus tôt concernant la nécessité de cibler politiquement Berri.

 

Quant à l'armée libanaise et à la Direction générale de la sécurité générale, ces sanctions, qui ont ciblé un officier ici et un officier là, semblent conséquentes, car elles portent un message clairement défini à la direction exigeant la coupure de tous liens entre l'armée et le Hezbollah, même sous forme de coordination et d'échange d'informations. Les officiers supérieurs sont pleinement conscients du contexte, des motifs et des récits derrière cette décision punitive des États-Unis.

 

 

Sanctions et négociations... deux pistes progressant en parallèle

 

Cette décision coïncide avec l'achèvement par le commandement de l'armée libanaise de la nomination de six officiers libanais, dont un appartient à la secte chiite, pour participer à la réunion de coordination au ministère israélien de la Défense le 29 mai, aux côtés de six autres officiers de l'armée israélienne. La réunion discutera des exigences militaires des deux côtés, ce qui pourrait fournir un élan vers l'accord requis sur la voie diplomatique.

 

Dans ce contexte, les délégations libanaise et israélienne se réuniront à nouveau les 2 et 3 juin au Département d'État américain, où des travaux sont en cours pour émettre une « lettre d'intention » qui reste bloquée à ce jour en raison des mécanismes contradictoires demandés par le Liban d'un côté et Israël de l'autre.

 

Ces sanctions reflètent l'aspiration des États-Unis à un jour où les mouvements de l'armée libanaise seront à l'abri d'informations, d'interférences et d'influences du Hezbollah.

 

Pour revenir aux sanctions visant les députés du Hezbollah et les responsables de son aile politique, ce développement supprimerait l'immunité de sécurité qui avait été précédemment accordée aux politiciens du parti, car Israël les avait épargnés sous la pression américaine. Aujourd'hui, cependant, cette pression s'est effectivement effondrée avec l'imposition de sanctions, d'autant plus que la politique d'assassinat israélienne se concentre sur tous ceux qui avaient été précédemment inscrits sur les listes de sanctions américaines.

 

Quant au Mouvement Amal, le coût de maintien du cadre « duo » est devenu extrêmement élevé, et il devrait devenir de plus en plus coûteux au fil du temps, étant donné que « ce n'est que le début », comme l'a déclaré le Département d'État américain.

 

Quoi qu'il en soit, ces sanctions, avec toutes leurs dimensions sérieuses, envoient un message direct aux autorités libanaises pour qu'elles restent concentrées sur les deux objectifs qu'elles ont précédemment déclarés, sur la base desquels la Maison-Blanche a activé et personnellement parrainé le mécanisme de négociation directe sous le président Donald Trump : retirer au Hezbollah ses armes et ses activités militaires toute légitimité, conformément aux exigences de la résolution du 2 mars, et s'engager dans une résolution durable du conflit militaire avec Israël comme prélude à la conclusion d'un accord de paix, tout en ne cédant pas à la pression de quelque côté que ce soit.

 

Avertissement : Les opinions exprimées par les auteurs leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement les vues de Annahar